Le Musée du Génocide arménien (Musée-Institut du Génocide des Arméniens), également connu sous le nom de Musée de Tsitsernakaberd, est un lieu de mémoire majeur dédié aux victimes du génocide des Arméniens de 1915. Situé sur une colline dominant Erevan, il constitue un site émouvant de commémoration, de réflexion et d’éducation historique.
Histoire de sa création
Le mémorial a été inauguré en 1967 (conçu par les architectes Arthur Tarkhanyan, Sashur Kalashyan et d’autres), à la suite des manifestations massives de 1965 marquant le 50e anniversaire du génocide. Il symbolise la reconnaissance officielle en Arménie soviétique d’un événement longtemps minimisé.
Le musée-institut a ouvert ses portes en 1995, pour le 80e anniversaire du génocide, sur décision du premier président Levon Ter-Petrosyan. Son objectif est de collecter, étudier, préserver et présenter les documents, photographies, témoignages et archives relatifs au génocide. Il fonctionne à la fois comme musée et comme centre de recherche international.
Muséographie
Le musée adopte une muséographie moderne, sobre et immersive, conçue pour transmettre l’émotion tout en restant rigoureusement documentaire. Le parcours est chronologique et thématique, sur environ 1 000 m² d’espaces d’exposition (plusieurs salles intérieures + espaces extérieurs).
L’architecture intérieure est minimaliste, avec un éclairage tamisé qui renforce la solennité. Les cartels sont disponibles en arménien, anglais, russe, français et allemand. Des visites guidées (payantes) sont proposées dans plusieurs langues. Le ton est à la fois historique, humain et éducatif, avec une forte présence de témoignages, photos d’archives et documents officiels. Le parcours s’achève souvent sur des notes d’espoir, de résilience et de reconnaissance internationale.
Collections
Les collections rassemblent des milliers de documents, photographies, témoignages et objets :
- Photographies et documents d’archives : images rares des massacres, déportations, camps et survivants ; rapports de diplomates, missionnaires et journalistes de l’époque (dont Henry Morgenthau).
- Témoignages : récits oraux de survivants et de leurs descendants, lettres, journaux intimes.
- Objets personnels : effets ayant appartenu aux victimes (vêtements, objets du quotidien, documents familiaux).
- Sections thématiques : vie des Arméniens avant 1915 en Arménie occidentale, massacres préliminaires (1909), événements de 1915-1923, résistance (ex. : Musa Dagh), orphelinats, diaspora et reconnaissance internationale.
- Expositions temporaires et hall dédié aux expositions itinérantes.
Le musée abrite également une bibliothèque, des archives et un institut de recherche.
Conseils pratiques : L’entrée du musée est gratuite (le mémorial extérieur aussi). Comptez 1h30 à 2h30 pour la visite. Il est particulièrement fréquenté le 24 avril (journée de commémoration).
Ce lieu est essentiel pour comprendre un chapitre tragique de l’histoire arménienne et universelle. Il invite à la mémoire, à la reconnaissance et à la prévention des génocides.