Le site
Le musée occupe un îlot urbain autour d’un ancien couvent de Dominicaines du XIIIe siècle, dans un quartier calme du centre historique. Le cloître gothique, la chapelle et les bâtiments conventuels forment le cœur du site ; y sont joints les anciens bains municipaux (1906) et une extension contemporaine (2015) des architectes suisses Herzog & de Meuron. Le parcours relie ainsi pierre médiévale, architecture de la Belle Époque et volumes contemporains, de part et d’autre d’un canal.
Histoire
Le couvent d’Unterlinden (« sous les tilleuls ») est fondé au XIIIe siècle. Après la Révolution, les bâtiments accueillent des collections. Le musée est fondé en 1853 par la Société Schongauer. Le retable d’Issenheim, saisi à la Révolution à Issenheim, y trouve son écrin définitif. Agrandi et réaménagé à plusieurs reprises, le musée rouvre pleinement après l’extension Herzog & de Meuron, qui double les surfaces et relie les ailes. Il propose aujourd’hui un parcours de la Préhistoire à l’art contemporain.
Architecture
Trois strates se lisent clairement : le cloître et la chapelle gothique (où est présenté le retable) ; les bains Art nouveau reconvertis ; le cube contemporain de béton, brique et verre, avec une salle d’exposition souterraine sous le canal. L’ensemble reste accessible (ascenseurs, rampes). Le visiteur passe d’une nef conventuelle à des salles blanches, sans quitter le même îlot.
Collections et œuvres majeures
Outre le retable, le musée conserve :
- Archéologie : du Néolithique à l’époque romaine en Alsace.
- Moyen Âge et Renaissance : Martin Schongauer et l’école colmarienne, sculptures rhénanes, panneaux peints.
- Arts décoratifs et vie quotidienne.
- XIXe siècle : peinture alsacienne et française.
- XXe et XXIe siècles : Picasso, Dubuffet, Soulages et collections contemporaines enrichies lors de l’extension.
L’œuvre-phare reste le retable d’Issenheim.
Le retable d’Issenheim
Peint vers 1512-1516 par Matthias Grünewald (Mathis Gothart Nithart), avec une caisse sculptée attribuée à Niclaus (Nicolas) de Haguenau, le retable était destiné à l’église de la commanderie des Antonins d’Issenheim, au sud de Colmar. Les Antonins soignaient le « feu de saint Antoine » (ergotisme, mal des ardents) et la peste ; l’œuvre devait consoler les malades en leur montrant un Christ aussi meurtri qu’eux, puis la lumière du salut.
C’est un polyptyque à double ouverture (trois « faces » selon le calendrier liturgique), gothique tardif rhénan d’une violence et d’une couleur extraordinaires.
- Fermé (temps ordinaire) : Crucifixion monumentale, corps du Christ livide et hérissé d’épines ; de part et d’autre, saint Sébastien et saint Antoine ; prédelle : Mise au tombeau / Déploration.
- Première ouverture (grandes fêtes) : Annonciation, Concert des anges et Nativité, Résurrection éblouissante.
- Seconde ouverture : caisse sculptée (saint Antoine entre Augustin et Jérôme) ; volets peints : visite de saint Antoine à saint Paul ermite et tentation de saint Antoine (démons, maladies).
Depuis la rénovation récente, les panneaux sont présentés de façon à faire comprendre l’ensemble du polyptyque.
Jours et horaires de visite
Selon le site officiel :
- mercredi au lundi : 9 h – 18 h (dernière entrée 17 h 30)
- fermé le mardi
- fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre, 25 décembre
- 24 et 31 décembre : 9 h – 16 h
Prévoir au moins deux heures. Le retable attire beaucoup de monde en milieu de journée et aux marchés de Noël ; l’ouverture ou la fin d’après-midi sont plus calmes. Billets : musee-unterlinden.com.