Au cœur de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, la basilique Sainte-Marie-Madeleine et l’ancien Couvent royal dominicain forment un seul ensemble né de la légende magdalénienne.
Histoire
Selon la tradition provençale, Marie-Madeleine, après trente années d’ermitage à la Sainte-Baume, fut portée par les anges jusqu’à l’oratoire de saint Maximin, premier évêque d’Aix. Elle y reçut la communion et mourut. Son corps, avec ceux de Maximin, Sidoine et Marcelle, fut enseveli dans un mausolée paléochrétien. Au VIIIe siècle, face aux raids sarrasins, les reliques auraient été cachées et la crypte comblée. En 1279, Charles II d’Anjou, comte de Provence, fait rouvrir le tombeau : quatre sarcophages de marbre réapparaissent. Le lieu devient le « troisième tombeau de la chrétienté », après Jérusalem et Rome. En 1295, le pape Boniface VIII confie le sanctuaire aux Dominicains. Charles II lance alors deux chantiers jumelés : une immense église pour les pèlerins, un couvent royal pour les frères.
Architecture
L’architecture de la basilique est celle du gothique provençal, ample et presque sans clocher. Commencée en 1295 (maître d’œuvre Pierre d’Angicourt), elle n’est achevée qu’en 1532 — et reste inachevée : ni portail monumental, ni flèche. Longueur d’environ 73 m, largeur 37 à 43 m, hauteur sous voûte près de 29 m : c’est le plus grand édifice gothique de Provence. Nef de neuf travées, collatéraux, abside à sept pans, seize chapelles, faisceaux de colonnettes qui tombent jusqu’au sol. Les clefs de voûte portent armes et figures des souverains de Provence et de France. À l’intérieur : stalles de noyer du XVIIe siècle et leurs médaillons dominicains, chaire sculptée, retable de la Passion d’Antoine Ronzen (1520, avec l’une des plus anciennes vues du palais des Papes), orgue monumental de plusieurs milliers de tuyaux. Sous le chœur, un escalier descend vers une petite crypte — vestige du mausolée du IVe siècle.
Les reliques
Là sont conservées les reliques. Quatre sarcophages de marbre (dont celui attribué à Marie-Madeleine) occupent la salle. Derrière une grille, un buste-reliquaire en bronze doré et émaux, réalisé en 1860 par Didron sur un dessin d’Henri Révoil, présente le crâne vénéré comme celui de la sainte. Un tube de cristal y est fixé : le Noli me tangere, lambeau que la tradition dit adhérent à l’os frontal, à l’endroit où le Christ ressuscité aurait touché Madeleine. D’autres ossements liés à Sidoine, Marcelle et Maximin complètent l’ensemble. Une expertise récente décrit le crâne comme celui d’une femme méditerranéenne d’une soixantaine d’années ; la foi du lieu, elle, n’en fait pas une preuve scientifique, mais le cœur du pèlerinage.
Le couvent royal
Le Couvent royal, collé à la basilique, fut la maison des Dominicains du XIIIe siècle jusqu’en 1957. Cloître gothique, puits du XIVe siècle, salle du chapitre, ancien réfectoire : un grand monastère urbain, propriété aujourd’hui du Département du Var. Fermé depuis 2020 pour restauration et fouilles (projet de musée du médiéval varois), il n’est plus visitable au quotidien ; l’office de tourisme, installé dans une partie de l’ensemble, permet parfois d’entrevoir le cloître. Les frères dominicains sont désormais à la Sainte-Baume ; les moniales dominicaines, elles, vivent hors du centre, au monastère Sainte-Marie-Madeleine du Deffends.
Horaires d’ouverture de la basilique, hors offices (selon la paroisse) : tous les jours, de 8 h à 19 h (souvent jusqu’à 19 h 15 ou 19 h 45 le samedi selon les sources). Entrée libre. Tenue correcte et silence demandés : c’est un lieu de culte. Accueil et secrétariat au presbytère, 6 place Jean Salusse, généralement mardi–samedi le matin et mardi–vendredi l’après-midi. Site : paroissesaintmaximin.fr. Les horaires exacts des messes varient ; pour la visite du bâtiment et de la crypte, c’est cette plage diurne qu’il faut retenir.