Situation
Espelette (basque : Ezpeleta) est une commune du Labourd, dans l’intérieur du Pays basque, à une vingtaine de kilomètres de Bayonne. Environ 2 150 habitants. Chef-lieu historique de canton, marché et foire aux pottoks depuis le XVIIIe siècle, le bourg est devenu le nom de l’épice même si l’aire de culture dépasse le village.
Architecture urbaine
Le centre est un village-rue labourdin, dominé en partie haute par le château des barons d’Ezpeleta et par l’église Saint-Étienne. Les maisons typiques — murs blancs, colombages et volets rouge basque, toits à forte pente — s’alignent le long de la rue principale (Karrika Nagusia). Dès la fin de l’été, les cordes de piments (bihakoak) accrochées aux façades et aux balcons composent le décor le plus connu du village, même si une part croissante du séchage se fait désormais à l’abri. Autour du bourg : hameaux, serres et laboratoires liés à l’AOP, terres agricoles protégées au pied du Mondarain.
Popularité liée au piment
Impossible d’évoquer Espelette sans le piment d’Espelette – Ezpeletako biperra, seule épice française en AOC (2000) puis AOP (2002). Goût fruité, légèrement fumé, piquant modéré (variété Gorria). On le vend en corde, en poudre ou en purée. Il assaisonne et conserve (jambon de Bayonne). La fête du piment (dernier week-end d’octobre, lancée en 1967) attire des dizaines de milliers de visiteurs. Chefs (Parra, Guérard, Ducasse…) ont porté l’épice hors du Pays basque. L’aire AOP couvre dix communes : Espelette, Ainhoa, Cambo-les-Bains, Halsou, Itxassou, Jatxou, Larressore, Saint-Pée-sur-Nivelle, Souraïde, Ustaritz. Plus de 200 producteurs aujourd’hui, contre une quarantaine à la création de l’appellation.
Histoire du piment
Originaire d’Amérique (Mexique), le Capsicum annuum arrive au Pays basque au XVIe-XVIIe siècle — peut-être avec le maïs ou par des marins basques. Vers 1650, on le trouve dans les potagers autour d’Espelette. Les femmes le cultivent comme « poivre du pauvre », sélectionnent les graines et aboutissent à la lignée Gorria. Il reste longtemps une culture de jardin. Relance professionnelle dans les années 1980-1990 (coopérative, puis Syndicat du piment d’Espelette, 25 Merkatu plaza), démarche AOC face notamment à l’usage abusif du nom. Cahier des charges strict : pas d’irrigation hors reprise, densité, récolte à maturité, transformation dans l’aire.
Producteurs locaux
Le syndicat fédère producteurs, transformateurs et conditionneurs. Parmi les noms souvent cités : la famille Lecuona à Espelette ; l’Atelier du Piment (famille Pochelu) à Espelette, culture et transformation (poudre, sauces) ; la Maison du Piment de Vincent Darritchon à Ustaritz, producteur-transformateur de longue date. Beaucoup d’exploitations vendent en direct à la ferme, au marché du mercredi (et le samedi en saison) et dans les boutiques du village. Pour un achat AOP, vérifier le logo européen et la mention Piment d’Espelette / Ezpeletako biperra : le nom du village désigne désormais tout un petit pays agricole, pas seulement la place du marché.