Histoire
Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et duc de Normandie, le fait bâtir en 1196-1198, au retour de croisade, pour barrer la Seine en amont de Rouen et contenir Philippe Auguste. Le site d’Andely appartenait à l’archevêché de Rouen : le roi l’occupe malgré l’interdit, puis un accord papal règle le conflit. En deux ans à peine, des milliers d’ouvriers taillent l’éperon, creusent fossés et puits, élèvent trois enceintes. Richard aurait dit pouvoir défendre la place « même si elle était de beurre ». Il meurt en 1199 ; Jean sans Terre hérite. À l’automne 1203, Philippe Auguste assiège la forteresse. Après six mois de blocus et trois semaines d’assaut, le connétable Roger de Lacy capitule le 6 mars 1204. La chute ouvre la route de Rouen et scelle la reconquête française de la Normandie. Philippe répare et conserve le château. Pendant la guerre de Cent Ans, les Anglais le reprennent par moments. À la fin du XVIe siècle, les États de Normandie demandent sa démolition pour raison de sûreté ; Henri IV l’accorde, tout en voulant épargner le donjon. Entre 1603 et 1611, la pierre est extraite pour des couvents et la ville. Classé dès 1862, le site accueille aujourd’hui plus de 100 000 visiteurs par an.
Architecture
L’architecture est celle d’un château d’éperon concentrique, à la fois archaïque par son assise et novateur par sa géométrie. Trois cours s’emboîtent : basse-cour (baile), enceinte médiane, chemise collée au donjon. La courtine intérieure, « en coquille » ou festonnée, supprime les angles morts. Tours circulaires flanquent les murailles ; mâchicoulis sur arcs et contreforts inversés annoncent l’art militaire du XIIIe siècle. Le donjon, haut d’environ 18 à 25 m, murs de 3 à 5 m, sert de dernier réduit. Fossés secs, puits très profonds, poternes et ponts complètent le dispositif. Peu ou pas de sculpture : tout est fait pour la guerre. L’ensemble mesurait environ 200 m sur 80 m, à une centaine de mètres au-dessus du fleuve.
Il reste le donjon et sa chemise (propriété de l’État), des pans de courtines, des tours, le fossé de l’éperon, des caves et la vue sur la Seine et Les Andelys. La basse-cour et les abords se parcourent souvent librement ; l’accès au donjon est en général payant et saisonnier. La ruine, consolidée, suffit à faire comprendre pourquoi contemporains et historiens y voient l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture militaire angevine.
Horaires de visite
Basse-cour et ouvrage avancé : accessibles librement toute l’année.
Haute cour / donjon (saison 2026) :
du 28 mars au 1er novembre, mercredi au dimanche (et jours fériés), 10 h – 12 h 30 et 14 h – 18 h.
Dernière admission vers 12 h 15 et 17 h 45.
Fermé lundi et mardi, sauf fêtes. Fermé en hiver pour la haute cour.
Visites guidées (sous réserve de guide) : 11 h, 14 h 30, 16 h 30, plus 15 h 30 de mai à août. Visite en anglais le samedi à 11 h.
Accès escarpé, non PMR. Vérifiez sur ville-andelys.fr ou l’office de tourisme avant de monter.