L’abbaye Saint-Étienne d’Aubazine (ou Obazine) est une ancienne abbaye cistercienne du XIIe siècle. Elle se trouve en Corrèze, à mi-chemin entre Brive et Tulle, aux portes du Périgord et de la vallée de la Dordogne.
Le site naturel
L’abbaye est perchée sur un éperon boisé, dans l’ancienne « forêt opaque » (Obasina). Collines, bois et vallons entourent le village.
Pour vivre en ce lieu isolé, les moines ont creusé le canal des moines : environ 1,7 km d’ouvrage, tantôt taillé dans la roche, qui amène l’eau du Coyroux jusqu’au vivier et aux moulins. Classé monument historique, le canal se parcourt à pied, indépendamment de la visite de l’abbaye. En contrebas, les ruines du monastère de femmes du Coyroux occupent le vallon.
Histoire
Vers 1125, Étienne d’Obazine et Pierre s’installent en ermites. Une communauté se forme, un monastère de femmes s’ouvre au Coyroux (1142), puis l’ensemble s’affilie à Cîteaux en 1147. L’église est commencée en 1156 et consacrée en 1176. L’abbaye essaime plusieurs maisons en Limousin, Saintonge, Quercy.
Au XVIIIe siècle, six travées de la nef trop coûteuse à entretenir sont démolies. La Révolution chasse les derniers moines (1791). Au XIXe siècle, les bâtiments conventuels deviennent orphelinat de filles, tenu par les sœurs du Saint-Cœur de Marie. Gabrielle Chanel y passe une partie de son enfance : la sobriété des lieux marquera son style.
Au XXe siècle, une communauté de rite oriental (melkite) y a vécu. Aujourd’hui, l’abbaye est un monument historique privé géré par une association : les recettes des visites servent à l’entretien.
Architecture
L’ensemble est un modèle de sobriété cistercienne. L’abbatiale, autrefois l’une des plus longues du Limousin (près de 80 à 90 m), n’a plus que trois travées de nef. Un clocher-mur limousin à pignon triangulaire et un clocher octogonal caractéristique remplacent l’ancienne façade.
Autour du cloître : salle capitulaire, scriptorium, cuisine à grande cheminée, dortoir à sol de pisé, terrasse sur le vivier. Fontaine monolithique au centre du cloître. Voûtes en berceau brisé, piliers sobres, peu d’ornement : l’idéal cistercien.
Décor
Le décor reste volontairement dépouillé. L’église conserve un ensemble rare de vitraux cisterciens du XIIe siècle (grisaille), souvent cités parmi ceux qui auraient inspiré Chanel, le tombeau de saint Étienne, une armoire liturgique du XIIe siècle et une Mise au tombeau.
Dans les bâtiments conventuels, l’intérêt est surtout structurel : pisé du dortoir, voûtes du chapitre et du scriptorium, cheminée de la cuisine, vue sur le vivier restauré. Le cloître est fleuri.
Jours et horaires de visite
Visite guidée uniquement, sur réservation (pas de visite libre). Groupes limités (environ 20 personnes) en raison de travaux de restauration. Durée : environ 1 h 30. Fermé le dimanche matin toute l’année. Chiens acceptés en laisse.
Saison 2026 : ouverture le 13 avril, fermeture le 20 septembre.
Jusqu’au 20 septembre :
- Lundi au jeudi et samedi : départs à 10 h 30 et 14 h 30 (fermé le vendredi)
- Dimanche : départ à 14 h 30
Réserver sur abbaye.aubazine.com. Le canal des moines reste accessible librement toute l’année.
Le canal des Moines
Le canal des Moines est un ouvrage hydraulique du XIIe siècle, creusé par les cisterciens de l’abbaye d’Aubazine pour amener l’eau jusqu’au monastère. Unique en Europe par son audace, il longe la falaise au-dessus des gorges du Coyroux.
Adresse et accès
Commune : Aubazine (Aubazines), 19190, Corrèze
Départ habituel de la promenade : près du lavoir, route de Tulle (D130), derrière l’église / place du village.
Le canal se visite à pied, en accès libre et gratuit toute l’année, sauf lors de quelques jours d’entretien. Des visites guidées sont proposées en saison (souvent juillet-août) par l’office de tourisme, sur inscription.
Chiens, vélos, motos et poussettes sont interdits sur le canal. Le sentier n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite et est déconseillé en cas de vertige. Bonnes chaussures indispensables.
Le site naturel
L’abbaye est sur un éperon sans source suffisante. Les moines captent donc le ruisseau du Coyroux en amont et font cheminer l’eau à flanc de versant, vers 350 m d’altitude, avec une pente très faible (environ 0,5 %).
Le canal épouse le roc : parfois taillé dans la pierre, parfois porté par un mur de soutènement au-dessus d’un à-pic d’une quarantaine de mètres. La promenade offre des vues sur les gorges, la forêt et les collines. À l’arrivée, l’eau alimentait le vivier sous l’abbaye, les jardins et trois moulins.
Histoire
Vers le milieu du XIIe siècle, Étienne d’Obazine et ses compagnons s’installent dans une forêt isolée. Sans eau courante, pas de vie monastique durable : cuisine, hygiène, irrigation, poisson, force motrice.
Les cisterciens, excellents hydrauliciens, détournent une partie du Coyroux et construisent environ 1,5 à 1,7 km de canal. L’ouvrage reste en service pendant des siècles. Classé monument historique (années 1960), il a été restauré entre 2006 et 2010 pour redevenir visitable et, par endroits, en eau.
Architecture et technique
Ce n’est pas un aqueduc à arches, mais une rigole continue collée au relief. Les moines ont explosé le roc plutôt que de trop s’en écarter, encorbellé des tronçons, élevé un mur-digue pour retenir l’eau et irriguer.
On voit encore des bassins creusés dans la pierre (parfois appelés « baignoires »), la prise d’eau près des cascades du Coyroux, et le débouché vers le vivier rectangulaire sous les anciens bâtiments. La maîtrise de la pente garantit un débit régulier, sans ruissellement violent.
La promenade
Deux formules courantes :
- Aller-retour le long du canal : environ 1 h 30, relativement plat une fois le premier raidillon passé.
- Boucles plus longues (2 h 30 à 3 h) combinant canal, ermitage, forêt ou Puy de Pauliac.
On remonte souvent le courant jusqu’à la prise d’eau, puis on redescend. Le site se combine facilement avec la visite guidée de l’abbaye (réservation séparée sur abbaye.aubazine.com).