L’Isola di San Giulio est la seule île du Lac d’Orta, un joyau miniature niché au cœur du Piémont. D’une superficie de seulement 275 mètres de long sur 140 mètres de large, elle se trouve à environ 400 mètres du rivage d’Orta San Giulio.
Une histoire imprégnée de légendes
Selon la tradition, vers l’an 390, saint Jules (San Giulio), évangélisateur grec, atteignit l’île en naviguant sur son manteau. L’île était alors infestée de dragons et de serpents, symboles du paganisme. Le saint les chassa par la force de sa foi et y construisit sa centième et dernière église. Il y fut enterré. Au Moyen Âge, l’île servit de place forte avec un château (siège par l’empereur Otton Ier en 962). Au XIIe siècle naquit la basilique actuelle. En 1976, l’ancien séminaire devint le monastère bénédictin Mater Ecclesiae, habité par une communauté de moniales cloîtrées.
Un urbanisme intime et silencieux
L’île est entièrement piétonne et parcourue par un unique sentier circulaire appelé Sentiero del Silenzio (Chemin du Silence), où des panneaux invitent à la méditation et au recueillement. Ses ruelles étroites bordées de maisons anciennes, de jardins et de bâtiments historiques créent une atmosphère hors du temps, entre spiritualité et sérénité lacustre.
Les lieux majeurs
La basilique domine l’île, accompagnée du palais épiscopal et du monastère. Quelques résidences privées et un petit embarcadère complètent ce tableau enchanteur.
La Basilique di San Giulio
La Basilica di San Giulio, de style roman (XIIe siècle), est construite sur des fondations plus anciennes (Ve-IXe siècles). De plan en croix latine, elle présente une façade sobre, un clocher roman et trois absides. L’intérieur, lumineux, est riche en fresques des XIVe-XVIe siècles représentant des saints et des scènes bibliques. Le joyau absolu est la chaire (ambon) romane en serpentine verte d’Oira (vers 1110-1120), sculptée de figures symboliques (évangélistes, animaux fantastiques). Dans la crypte reposent les reliques de saint Jules. Dans la sacristie est suspendue une grande vertèbre fossilisée, que la légende attribue à l’un des dragons chassés par le saint.
Le Monastère Mater Ecclesiae
Adjacent à la basilique, l’ancien séminaire du XIXe siècle abrite depuis 1976 le Monastero Mater Ecclesiae, communauté de moniales bénédictines cloîtrées. Les religieuses se consacrent à la prière, à l’étude et à la transcription de manuscrits anciens. Leur présence confère à l’île son atmosphère de silence et de recueillement profond. Le monastère n’est pas ouvert à la visite intérieure, mais on peut admirer son imposante façade depuis le lac ou le sentier.