Édifié entre 1562 et 1563 par l’architecte Antonio Morandi, dit « il Terribilia », le Palazzo dell’Archiginnasio fut conçu pour centraliser les écoles de l’Université de Bologne. Commandé par le légat pontifical Carlo Borromeo, il resta le siège académique principal jusqu’à la réforme napoléonienne de 1803. L’édifice accueille aujourd’hui la Biblioteca Comunale dell’Archiginnasio et conserve un ensemble documentaire et héraldique unique sur la vie universitaire bolonaise.
L’architecture s’organise autour d’une cour rectangulaire entourée d’un double portique. Les arcades en brique alternent avec la pierre d’Istrie, créant un rythme régulier typique du style bolonais de la seconde moitié du XVIᵉ siècle. La loggia supérieure, conçue pour la circulation des étudiants, offre un éclairage continu sur les galeries. La façade extérieure, sobre et linéaire, se développe sur la Via Archiginnasio et répond à une logique de stabilité institutionnelle, avec une ornementation limitée concentrée sur les encadrements de fenêtres.
L’intérieur présente plus de six mille armoiries peintes ou sculptées, témoignage de l’organisation corporative de l’Université entre les XVIᵉ et XVIIIᵉ siècles. Ces inscriptions héraldiques commémorent professeurs, étudiants et nations universitaires, constituant un registre visuel continu de la communauté académique.
Deux salles majeures structurent l’étage. Le Teatro Anatomico, créé en 1637 par Antonio Levanti, répondait au besoin d’un espace dédié aux letture di anatomia. De plan ovale et entièrement revêtu de bois d’épicéa, il place la chaire professorale au centre, entourée de gradins annulaires. Les statues d’Hippocrate et de Galien encadrent la chaire, tandis que les deux spellati sculptés au XVIIIᵉ siècle par Ercole Lelli montrent des corps écorchés destinés à l’étude anatomique. Gravement endommagé par les bombardements de 1944, il fut reconstruit après guerre à partir des fragments originaux.
L’ancienne Aula Magna, aujourd’hui Sala dello Stabat Mater, accueillait les cours magistraux, débats publics et examens. Son décor s’est enrichi entre XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècle, avec un plafond et des parois densément recouverts d’armoiries d’étudiants venus de toute l’Europe. En 1835, elle devint le lieu de la première exécution publique du Stabat Mater de Rossini, événement qui lui donna son nom actuel. Sa structure rectangulaire, ses tribunes et son décor héraldique soulignent sa fonction de salle de représentation institutionnelle.