Commentaire culturel
L’archibasilique Saint-Jean-de-Latran est l’une des quatre basiliques de Rome qui reçurent le titre de « majeure » (avec Saint-Pierre du Vatican, Saint-Paul-hors-les-Murs et Sainte-Marie-Majeure). Elle est érigée sur le mont Latran ; les bâtiments regroupent la basilique mais aussi le palais et le baptistère. Les accords du Latran (1929) leur ont octroyé le privilège d’extraterritorialité, c’est donc l’État de la cité du Vatican qui y a autorité.
La basilique Saint-Jean-de-Latran est la cathédrale du pape, évêque de Rome. Son titre officiel est « basilique du Très-Saint-Sauveur-et-des-Saints-Jean-Baptiste-et-Jean-l’Évangéliste ». Le président de la République française appartient de droit à son chapitre.
En 312, Constantin, ayant vaincu Maxence au pont Milvius, entre à Rome et fait cesser les persécutions contre les chrétiens.
Dès 314, le pape Sylvestre I° réside au Latran (qui sera la résidence de la papauté jusqu’à son départ à Avignon en 1309).
En 324, l’église est la première à être consacrée publiquement, sous le titre de « basilique du Très-Saint-Sauveur » ; elle prend progressivement son nom actuel, avéré au XII° siècle, par association à son important baptistère voisin, dédié à saint Jean-Baptiste.
Elle connait ensuite une vie mouvementée : dévastée par les barbares au V° siècle, ruinée par un tremblement de terre au IX°, elle est restaurée au X° et reconstruite aux XVII° et XVIII°. Plus de vingt papes ont travaillé jusqu’au XIX° siècle à la rebâtir, à la restaurer et à l’embellir.
Plus de 250 conciles s’y réunirent, dont les cinq conciles œcuméniques du Latran : celui de 1123 mit fin à la querelle des investitures, celui de 1139 condamna une révolte contre l’autorité épiscopale, celui de 1179 appela à la croisade contre l’hérésie cathare, celui de 1215 introduisit la confession une fois par an ainsi la communion à Pâques et lança la croisade contre les Albigeois, et celui de 1512 réaffirma la suprématie de l’Eglise de Rome.
La façade, du XVIII° siècle, est l’œuvre majeure d’Alessandro Galilei, architecte de la fin de l’époque baroque. Le porche abrite une grande statue du premier empereur chrétien, Constantin, prélevée dans les thermes impériaux du Quirinal. Les immenses portent de bronze proviennent de la Curie Julia.
Le plan basilical, typique de l’architecture paléochrétienne, s’inspire du modèle romain de la basilique civile. S’y trouvent les tombeaux des papes Léon XIII, Sylvestre II et Martin V, ainsi que des reliques de saint Pierre, saint Paul et du bienheureux Innocent V, pape. La basilique est flanquée d’un beau cloître roman du XIII° siècle et, à l’écart, d’un baptistère fondé comme la basilique au IV° par Constantin, où se trouve notamment un des plus anciens exemples de mosaïque chrétienne à Rome (avec celles de Sainte-Constance, de la nef de Sainte-Marie-Majeure et de l’abside de Sainte-Pudentienne).
Les nefs sont l’œuvre du grand architecte du XVII° Borromini, qui a conservé le plafond du XVI°. L’intérieur offre ainsi aujourd’hui l’aspect d’une église baroque : y retrouver le plan basilical de l’édifice de Constantin est difficile ; ce que le visiteur voit aujourd’hui est en réalité une construction très ancienne restaurée au goût du XVII° siècle.
Commentaire spirituel
L’archibasilique Saint-Jean-de-Latran est l’une des quatre basiliques majeures de Rome. Premier édifice monumental chrétien construit en Occident, Saint-Jean-de-Latran, cathédrale de Rome et donc siège du trône du pape, est la première dans l’ordre protocolaire des basiliques papales.
C’est en 1300 que le pape Boniface VIII promulgua la bulle d’indiction Antiquorum fida relatio qui instituait l’Année sainte. Il y précisait les conditions de l’indulgence, parmi lesquelles la visite de deux basiliques de Rome, lieux de sépulture des apôtres saint Pierre et saint Paul : les basiliques Saint-Pierre du Vatican et Saint-Paul-hors-les-Murs devenaient ainsi majeures.
A l’occasion du deuxième jubilé, le pape Clément VI donna en 1350 le titre de « majeure » à la basilique Saint-Jean-de-Latran, plus ancienne église et cathédrale de Rome, qui porte le titre de omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput (« mère et tête de toutes les églises de la Ville et du monde »).
La basilique Sainte-Marie-Majeure, la plus ancienne église consacrée à Marie, est la quatrième et dernière église romaine à recevoir le titre de « majeure », qui lui fut donné en 1390 par le pape Boniface III, pour honorer la Vierge. Chacune des quatre basiliques majeures a une Porte sainte, solennellement ouverte et fermée au début et à la fin de chaque Année sainte.
La basilique Saint-Jean-de-Latran est aussi une des sept églises du pèlerinage de Rome, formalisé au XVI° siècle par saint Philippe Néri (avec les trois autres basiliques majeures ainsi que les basiliques mineures Sainte-Croix-de-Jérusalem, qui garde les reliques de la Passion, Saint-Laurent-hors-les-Murs, tombe des saints Etienne et Laurent, et Saint-Sébastien-hors-les-Murs, au-dessus des catacombes).
A côté des quatre basiliques majeures, l’Eglise catholique romaine distingue dans le monde entier de nombreuses basiliques dites mineures, rassemblant en nombre les pèlerins autour du Christ, de la Vierge ou encore des reliques d’un saint particulièrement vénéré, ou remarquables par leur antiquité, leur réputation, leur taille ou leur beauté. Leur titre honorifique octroyé par le pape leur donne la préséance sur toutes les autres églises, à l’exception de la cathédrale de leur diocèse.