Histoire
La construction de la Basilique Sainte-Marie-Majeure remonte à un vœu formulé par les habitants de Bergame en 1133, lors d’une épidémie de peste qui ravageait le nord de l’Italie. Ils promirent d’ériger une église dédiée à la Vierge Marie si elle les protégeait. La peste recula, et les travaux débutèrent en 1137 sur le site d’une ancienne église du VIIIe siècle, elle-même bâtie sur un temple romain dédié à la déesse Clémentia. L’autel principal fut consacré en 1185, et le presbytère ainsi que les bras du transept furent achevés en 1187. Les travaux, freinés par des difficultés financières, se poursuivirent aux XIIIe et XIVe siècles. La tour-clocher fut érigée à partir de 1436 et terminée à la fin du siècle. En 1449, la gestion de l’église fut confiée au Consorzio della Misericordia Maggiore, fondé en 1265, pour préserver son patrimoine artistique. En 1453, le pape Nicolas V la déclara exempte de juridiction épiscopale, favorisant la création d’écoles de grammaire et de musique. Des restaurations et modifications baroques eurent lieu au XVIIe siècle.
Architecture
Extérieurement, la basilique conserve un style roman lombard sobre et imposant, sans entrée centrale ni façade principale, car elle était autrefois adossée au palais épiscopal. Les accès se font par quatre portails latéraux. Le porche nord (Porta dei Leoni Rossi), réalisé par Giovanni da Campione en 1353, est soutenu par des colonnes sur des lions en marbre de Vérone, avec des frises de scènes de chasse et une loggia abritant des statues de sainte Barbe, saint Vincent et saint Alexandre. Le porche sud (Porta dei Leoni Bianchi) est plus simple, avec des colonnes sur des lions en marbre blanc. L’abside principale est couronnée d’une loggia avec des frises géométriques et végétales, et des arcades aveugles soutenues par des demi-colonnes aux chapiteaux ornés de motifs végétaux. Le portail sud-ouest, dit Porta della Fontana, est une œuvre Renaissance de Pietro Isabello (1521). L’ensemble crée un contraste marqué entre la sévérité extérieure et la richesse intérieure.
Décor Intérieur
L’intérieur de la basilique, rénové au XVIIe siècle dans un style baroque somptueux, contraste vivement avec l’extérieur roman. Il suit un plan en croix grecque roman avec une nef et deux bas-côtés séparés par des piliers, se terminant par une abside. Les murs sont ornés de fresques lumineuses, de stucs élaborés et de précieuses tapisseries illustrant la Vie de Marie : certaines réalisées à Florence (1583-1586) sur des dessins d’Alessandro Allori, d’autres d’origine flamande, comme celle de la Crucifixion d’Anvers (1698, d’après des cartons de Ludwig van Schoor). Au-dessus de cette tapisserie se trouve la peinture du Passage de la Mer Rouge par Luca Giordano (1691). Près de l’entrée, le sépulcre du cardinal Guglielmo Longhi est sculpté par Ugo da Campione (1313-1320). Dans l’allée gauche, un confessionnal baroque est l’œuvre d’Andrea Fantoni (1704). Le presbytère abrite un crucifix du XIVe siècle, six candélabres en bronze de 1597, et les tombes du compositeur Gaetano Donizetti par Vincenzo Vela (1855) et de son maître Simone Mayr (1852). Le chœur en bois, conçu par Bernardo Zenale et Andrea Previtali (1524-1555), présente des reliefs de scènes bibliques sur des dessins de Lorenzo Lotto, utilisant divers types de bois pour des effets polychromes. Le transept droit conserve des fresques giottesques d’un artiste inconnu (1347) représentant les Histoires de saint Gilles, la Cène et l’Arbre de Vie. Ces éléments font de l’intérieur un trésor d’art Renaissance et baroque.