Le site naturel
La forteresse occupe un éperon de grès rose à 757 mètres d’altitude, au-dessus de la plaine d’Alsace et de la Route des vins. De ses remparts, le regard embrasse vignobles, villages, fossé rhénan et, par temps clair, la Forêt-Noire et parfois les Alpes. Cette position commandait les routes nord-sud et les passages vers la Lorraine. À proximité : Volerie des aigles (Kintzheim) et Montagne des singes.
Histoire
Mentionné en 1147, le château est élevé au XIIe siècle par les Hohenstaufen. Il passe entre seigneurs, rois et empereurs, est détruit en 1462, puis relevé par les Tierstein, qui lui donnent son aspect de grande forteresse de la fin du XVe siècle. En 1633, pendant la guerre de Trente Ans, les Suédois le pillent et l’incendient. Il reste en ruine deux siècles. En 1899, la ville de Sélestat l’offre à l’empereur Guillaume II. Après 1918, le traité de Versailles le remet à la France.
Architecture
Le visiteur entre par une porte monumentale dans la cour basse : grès des Vosges, colombages, tuiles vernissées. Le parcours monte vers les cuisines, un escalier à vis, les appartements, la salle du Kaiser (fresques, grande table), la chapelle, la salle des trophées, la salle d’armes (armures, hallebardes, arbalètes), puis le grand bastion et ses canons. Le donjon et le chemin de ronde couronnent l’ensemble. Environ 300 marches ponctuent la visite.
Restauration
De 1900 à 1908, l’architecte Bodo Ebhardt, spécialiste des fortifications médiévales, reconstitue le château « dans l’esprit » de la fin du XVe siècle, avec une méthode alors pionnière (fouilles, relevés, comparaison d’autres forteresses). Le chantier sert aussi le prestige de Guillaume II. Longtemps discutée, cette restauration est aujourd’hui lue comme un document double : Moyen Âge rêvé et monument du début du XXe siècle. Le château est classé monument historique dans son ensemble en 1993.
Les activités autour de l’histoire du château
La visite se construit d’abord en autonomie. Un circuit balisé traverse cours, cuisines, salles seigneuriales, chapelle, salle d’armes, donjon et grand bastion. À la billetterie, un livret d’aide à la visite est proposé dans une quinzaine de langues. Il présente à la fois l’histoire médiévale, l’architecture et la restauration de 1900-1908. Un audioguide approfondit les mêmes thèmes à son rythme. Sur le parcours, l’exposition « 900 ans et toutes ses dents » pose une vingtaine de panneaux : système défensif, vie quotidienne au XVe siècle, vestiges du XIIe siècle encore lisibles dans la pierre.
Les visites commentées, d’environ une heure, sont animées par un guide. Elles existent en français, en allemand et en anglais, pour les individuels comme pour les groupes. Le propos relie les salles entre elles : pourquoi cette porte, ce bastion, cette salle du Kaiser, comment Guillaume II et Bodo Ebhardt ont « réécrit » le château. La réservation est conseillée pour les groupes en semaine.
Les visites théâtralisées s’adressent surtout aux familles et aux scolaires. Un personnage du château — palefrenier, tavernier, apothicaire — conduit le groupe. On n’écoute plus seulement des dates : on entre dans le quotidien d’une forteresse, les métiers, les odeurs de cuisine, la hiérarchie seigneuriale. Le ton est ludique, sans casser le sérieux du lieu.
Autour de ce socle, le château programme des ateliers et des temps forts. Les uns portent sur le métier des armes et la défense (blasons, assaut, fortification). D’autres sur le chantier : pierre, mortier, ciseaux, construction d’un château fort. D’autres encore sur la vie du seigneur, le jardin médiéval, le vitrail, la musique et les danses d’époque, l’eau, les récoltes. Des ateliers d’arts plastiques (ex-libris, cyanotype, dragons, sorcières) et des rendez-vous BD aux remparts croisent patrimoine et création contemporaine. Le calendrier annuel ajoute les Journées européennes du patrimoine, la Nuit des musées, Rendez-vous aux jardins, un Noël au château et, selon les saisons, des festivals de légendes.
Le service éducatif décline ces propositions par niveau, de la maternelle au lycée, avec des dossiers de préparation téléchargeables. Des visites adaptées existent pour les personnes à mobilité réduite, malvoyantes, malentendantes ou en situation de handicap intellectuel. Le circuit complet compte toutefois environ 300 marches : il faut le dire avant d’arriver.
Enfin, le site n’est pas qu’un musée fermé. Une restauration, une boutique, une aire de pique-nique et, à quelques minutes, la Volerie des aigles et la Montagne des singes prolongent la journée. Le programme exact change chaque saison : le détail figure sur haut-koenigsbourg.fr.
Jours et horaires de visite
Ouvert toute l’année, sauf le 1er janvier et les 25-26 décembre. Horaires types : janvier–mars 9 h 30–12 h et 13 h–17 h ; avril–juin 9 h 30–18 h ; juillet–août 9 h–19 h ; septembre–décembre 9 h 30–18 h. Le lundi, ouverture souvent à 10 h 30. Dernière entrée une heure avant la fermeture. Gratuité certains premiers dimanches d’hiver (novembre–mars) et lors de grandes journées nationales. Réservation conseillée en haute saison. Vérifier haut-koenigsbourg.fr.
La Volerie des Aigles
La Volerie des Aigles occupe les ruines du château de Kintzheim au pied du Haut-Koenigsbourg.
Le site
Le château, commencé vers 1220 sous Frédéric II de Hohenstaufen, domine le village et la plaine d’Alsace. Sa cour sert d’arène à ciel ouvert : remparts, grès rose et panorama forment le décor des vols. Ce n’est pas un parc artificiel, mais une forteresse médiévale habitée par les oiseaux.
Histoire et mission
Ouverte en 1968, c’est la première volerie de France. Elle naît d’un constat : les rapaces, longtemps persécutés, disparaissaient. Le site élève, reproduit et présente des oiseaux nés en captivité (aucun prélèvement dans la nature). Environ 200 rapaces d’une trentaine d’espèces : aigles, vautours, faucons, buses, hiboux et chouettes. L’enjeu est pédagogique autant que conservatoire : montrer le rôle de ces prédateurs dans les écosystèmes et changer le regard du public.
Ce que l’on voit
Le cœur de la visite est le spectacle « Entre ciel et terre » : vols libres au-dessus de la cour, parfois à très faible hauteur, commentés. On enchaîne avec les volières et, selon les formules, une approche plus proche des soigneurs (initiation à la fauconnerie, journées d’exception). Durée moyenne : 1 h 30 à 2 h. Prévoir d’arriver avant le spectacle pour monter et s’asseoir.
Jours et horaires
Ouverture saisonnière : en 2026, du 25 mars au 11 novembre inclus ; fermeture hivernale ensuite. Les horaires et le nombre de spectacles varient :
- début et fin de saison : après-midi, 1 à 2 spectacles
- printemps et week-ends : souvent 9 h 30–18 h
- été : tous les jours 9 h 30–18 h, jusqu’à 4 spectacles
Les caisses ferment au début du dernier spectacle. En canicule, le programme peut être adapté. Vérifier les heures du jour sur le site officiel.