Le pont du Diable de Bobbio, dit aussi Ponte Gobbo ou Ponte Vecchio, traverse la Trebbia à l’entrée du bourg.
Histoire
Le pont reliait le village à la rive droite, où se trouvaient saline, thermes et la route vers Gênes et la Lunigiane. Son origine est ancienne (époque romaine ou haut Moyen Âge) ; un document du 6 avril 1196 atteste déjà son entretien. Il a été allongé au fil des siècles jusqu’à ses onze arches actuelles (XVIIe siècle).
La légende du « pont du Diable » raconte que saint Colomban, impatient de rejoindre l’autre rive, aurait conclu un pacte : le Diable construirait le pont en une nuit contre la première âme qui le traverserait. Le saint aurait fait passer un animal en premier ; furieux, le Diable aurait donné un coup de pied au pont, d’où son profil bossu.
Architecture
Pont en maçonnerie de pierre, long de 273 m, à 11 arches inégales formant un dos d’âne irrégulier. Sur les grandes travées se trouvent de petites édules : statue de saint Colomban et Madonna dell’Aiuto. Ouvrage piétonnier, il reste l’accès le plus caractéristique au bourg et l’un des « ponts du Diable » les plus connus d’Italie.
La légende
La légende du Ponte Gobbo raconte comment un pont impossible serait né d’un marché entre le Ciel et l’Enfer.
Saint Colomban, récemment installé à Bobbio, voulait rejoindre l’autre rive de la Trebbia pour prêcher. Le fleuve était trop large, le courant trop fort. Impatient, le moine irlandais aurait alors traité avec le Diable : celui-ci construirait le pont en une seule nuit ; en échange, il recevrait l’âme du premier être vivant à le traverser.
Au matin, le pont était là — déjà irrégulier, déjà trop long pour sembler humain. Colomban tint parole, mais à sa façon. Il envoya d’abord un animal (un vieux chien selon les uns, un ours selon d’autres). Le Diable, trompé, entra dans une colère telle qu’il donna un grand coup de pied dans l’ouvrage. Les arches se déformèrent pour toujours : d’où le dos d’âne, les onze voûtes inégales, le nom de Ponte Gobbo, le pont bossu.
Une autre version, plus tardive, inverse le rôle du Diable : il bâtit le pont pour détourner les gens du monastère ; Colomban le « tord » en le bénissant, afin que le chemin reste celui de la foi.
Comme souvent pour les « ponts du Diable » d’Europe, le récit explique un profil étrange et sacralise un passage vital. Historiquement, le pont est une œuvre de longue haleine, entre Antiquité, Moyen Âge et élargissements jusqu’au XVIIe siècle. La légende, elle, dit autre chose : que traverser la Trebbia à Bobbio, c’est encore marcher sur un marché passé entre un saint et l’Enfer — et que le