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Egypte > Le Caire

Le souk Khan-Al-Khalili

Histoire

Le site occupait le Turbat az-Za‘faran, nécropole des califes fatimides. Entre 1382 et 1389, l’émir circassien Jaharkas al-Khalili, maître des écuries du sultan mamelouk Barquq, rase le mausolée et bâtit un grand khan (caravansérail) : cour intérieure pour les marchandises, étages pour les marchands. Le nom du fondateur reste attaché au lieu. Au XVe siècle le quartier devient le cœur du commerce étranger (épices, pierres, esclaves). Le sultan al-Ghuri (début XVIe s.) détruit et reconstruit le khan (1511), ouvre des portes (Bab al-Ghuri, Bab al-Badistan) et dote le secteur de la Wikala al-Ghuri. Les Ottomans organisent les métiers en corporations héréditaires par ruelle. Incendies, séisme de 1992, attentats de 2005 et 2009 : le labyrinthe tient. Naguib Mahfouz y a situé un roman ; le café El-Fishawi, ouvert vers 1773–1797, sert encore le thé à la menthe.

Organisation

Le souk n’est pas un bâtiment unique mais un écheveau de ruelles voûtées borné à l’ouest par la rue al-Muizz (la Qasaba fatimide), au sud par la rue al-Muski, à l’est par la place al-Hussein. On y compte des milliers d’échoppes. L’organisation suit encore, en partie, les anciennes wikala et corporations : une rue, un métier. Les cours intérieures des khans servaient d’entrepôt ; les étages d’auberge. Aujourd’hui le rez-de-chaussée vend, l’étage fabrique parfois encore. Marchander est la règle ; le paiement se fait surtout en liquide. Le matin est plus calme ; le soir, lanternes et foule jusqu’à minuit.

Quartiers, spécialités et artisanat

  • Al-Sagha (الصاغة) — orfèvres. Depuis le XIIe–XIIIe siècle, or et argent au poids (souvent 21–22 carats) : alliances, cartouches hiéroglyphiques au nom du client, amulettes. Changeurs et bijoutiers se côtoient.
  • Al-Nahhasin (النحاسين) et rues al-Gamaliya / Khan Gaafar — dinandiers. Cuivre et laiton martelés : lampes ajourées (fawanis), plateaux, théières, narguilés. Les apprentis tapent encore le motif au burin.
  • Al-Attarin (العطارين) — épices et parfums. Cumin, clou de girofle, curcuma, anis, sésame, karkadé, cannelle, encens, huiles de musc, d’ambre, de jasmin et de lotus. Héritage de la route des Karimi et du poivre du Malabar.
  • Souk du tissu et de l’arabesquegalabeya, châles, tapis, marqueterie de bois et nacre (style damasquin), incrustations.
  • Verre, cristal et chichas — verre soufflé, vitrail mu‘ashshaq, narguilés devenus emblème du khan.
  • Papyrus, pierre et souvenirs « pharaoniques » — feuilles de papyrus peintes, albâtre, copies d’antiques. Distinguer la fibre tissée du papier imprimé.
  • Libraires et antiquaires — autour d’al-Azhar et de la Qasaba : manuscrits, cartes, monnaies, parfois armes anciennes.
  • Café El-Fishawi et place al-Hussein — thé, chicha, spectacle plus que commerce.

Les corporations d’origine (henné, tapis, café, cuivre, sabil) ont fondu dans le tourisme, mais l’or, le cuivre martelé, l’attar et l’épice restent les métiers qui font encore le bruit du khan.

Infos pratiques

Sekat al-Badestan / Khan El-Khalili, El-Gamaleya 11621 Le Caire, Gouvernorat du Caire, Egypte
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