Contactez-nous
Le blog / Infos destinations

Récit d’un voyageur destiné aux amoureux de l’Italie

Le voyage du condottière  Récit d’un voyageur destiné aux amoureux de l’Italie

Entre 1895 et 1928,  l’écrivain et poète André Suarès fait cinq voyages à pied en Italie au cours desquels il écrit son œuvre majeure Le Voyage du condottière.

Dans son recueil de chroniques Odeur du temps, Jean d’Ormesson en dit « Pour le voyageur qui veut connaître de l’Italie, de son art, de son âme, autre chose que l’apparence la plus superficielle, le Voyage du Condottière sera un guide incomparable… ».

En voici ci-dessous l’introduction.

« Le voyageur est encore ce qui importe le plus dans un voyage. Quoi qu’on en pense, tant vaut l’homme, tant vaut l’objet. Car enfin qu’est-ce que l’objet sans l’homme ? Voir n’est point commun. La vision est la conquête de la vie. On voit toujours, plus ou moins, comme on est. Le monde est plein d’aveugles aux yeux ouverts sous une taie ; en tout spectacle, c’est leur cornée qu’ils contemplent, et leur taie grise qu’ils saisissent.

Les idées ne sont rien, si l’on n’y trouve une peinture des sentiments, et les médailles que toutes les sensations ont frappées dans un homme.

Comme tout ce qui compte dans la vie, un beau voyage est une œuvre d’art : une création. De la plus humble à la plus haute, la création porte témoignage d’un créateur. Les pays ne sont que ce qu’il est. Ils varient avec ceux qui les parcourent. Il n’est de véritable connaissance que dans une œuvre d’art. Toute l’histoire est sujette au doute. La vérité des historiens est une erreur infaillible. Qui voyage pour prouver des idées, ne fait point d’autre preuve que d’être sans vie, et sans vertu à la susciter.

Un homme voyage pour sentir et pour vivre. À mesure qu’il voit du pays, c’est lui-même qui vaut mieux la peine d’être vu. Il se fait chaque jour plus riche de tout ce qu’il découvre. Voilà pourquoi le voyage est si beau quand on l’a derrière soi. Il n’est plus, et l’on demeure ! C’est le moment où il se dépouille. Le souvenir le décante de toute médiocrité. Et le voyageur, penché sur sa toison  d’or, oublie toutes les ruses de la route, tous les ennuis et peut-être même qu’il a épousé Médée. »

Voir aussi