Commentaire culturel
Cefalù est une ravissante et pittoresque petite cité balnéaire située près d’un immense promontoire rocheux qui possède l’une des plus belles plages de toute la côte. C’est une ancienne ville grecque du Vème siècle avant J.-C. qui passa aux mains des romains, des arabes puis des normands. Une légende raconte que les sept rochers qui émergent sur la plage conservent les corps pétrifiés de sept frères accourus pour sauver une femme à la beauté éblouissante.
Corso Ruggero est le cœur du vieux quartier. Au moyen âge, il délimitait la ville, il est aujourd’hui bordé d’églises baroques et de beaux palais. Les murs face à la mer datent de l’époque helléniste-romaine. À l’époque byzantine, la ville recula vers le promontoire afin d’avoir une meilleure capacité de défense. Malgré cela, elle fut quand même conquise par les arabes qui la gouvernèrent jusqu’au début du XIème siècle à l’arrivée des Normands. La domination normande laissa de nombreuses traces à Cefalù qui est d’ailleurs régulièrement appelée la ville normande. L’édifice le plus important est certainement sa cathédrale du XIIème siècle. La tradition veut que sa construction ait été décidée par le roi Roger II, débarqué miraculeusement sur la côte après avoir échappé au danger durant une tempête. Il aurait promis au Saint-Sauveur de construire cette cathédrale pour lui témoigner sa reconnaissance. Toutefois, les motivations militaires semblent également un facteur ayant pu pousser le roi à édifier cette cathédrale. Sa topographie, ainsi que sa taille hors norme, lui confèrent un caractère de forteresse naturelle et laisse penser à une structure défensive. Sa façade forme un bloc compact assez sévère entre deux tours imposantes. Les architectes et ouvriers en charge de la construction étaient arabes, ce qui explique cet aspect de palais-forteresse typiquement maghrébine. L’intérieur à trois nefs comprend 12 colonnes antiques aux chapiteaux décorés de bas-reliefs et est décoré de belles fresques et mosaïques dont une très belle mosaïque du Christ Pantocrator. Le Roi Roger souhaitait y héberger sa sépulture ainsi que celle de sa femme et de ses descendants. Mais le roi Frédéric II déplaça leurs tombeaux à Palerme.