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La place des enfants dans la Rome antique

Comment vit un enfant dans la Rome antique, de sa naissance à son adolescence ?

Rome

La place des enfants dans la Rome antique

Lorsqu’on évoque les origines de Rome, on ne peut s’empêcher de penser à cette étonnante image de deux petits enfants tétant avec avidité le sein d’une louve, la célèbre Louve capitoline, conservée au Musée du Capitole à Rome.

Depuis l’Antiquité, l’image légendaire des deux jumeaux alimente la symbolique de la ville de Rome. Un savoureux mélange entre récits historiques et poétiques nous livre le mythe fondateur de Romulus et Rémus, fils d’une vestale, Rhea Silvia, et du dieu Mars. Échappant au meurtre comploté par leur oncle, ils se retrouvent échoués dans un panier sur les rives du Tibre où ils sont découverts par une louve qui les recueille et les élève. Un itinéraire tumultueux qui a de quoi forger le caractère.

Si la légende de ces deux petits jumeaux est fondatrice, que dire de la place que la Rome antique accorde aux enfants ? dans un droit encore très archaïque, ou la notion de personne humaine n’a pas encore pleinement éclos, comment vit un enfant, de sa naissance à son adolescence ?

L’enfant romain, sous l’autorité du pater familias

Dans la société romaine, les enfants occupent une place à la fois importante et fragile dans la famille (familia). S’ils représentent l’avenir de la famille et de la cité, leur statut reste dominé par l’autorité du père, le pater familias, qui détient sur eux un pouvoir presque absolu.

En effet, dès la naissance, l’enfant dépend de la volonté du père, qui peut le reconnaître ou non à travers le rituel du tollere liberum (le geste de soulever l’enfant pour signifier son acceptation). Si le père refuse, le nouveau-né peut être abandonné, pratique que l’on appelle l’expositio, une pratique attestée dans plusieurs sources latines comme Sénèque ou Suétone.

De sa naissance à l’âge de sept ans, l’enfant n’est pas considéré comme une personne à part entière mais comme un infans, un être qui n’est pas capable de s’exprimer intelligiblement.

L’éducation, composante essentielle dans la Rome antique

L’enfance était ensuite marquée par une éducation rigoureuse, en vue d’acquérir une formation morale et civique. L’éducation commence à la maison, souvent dirigée par la mère ou une nourrice (nutrix), avant d’être confiée à des maîtres (ludi magister, grammaticus, rhetor). L’objectif est de former un futur citoyen discipliné, capable de servir la cité et d’honorer ses ancêtres.

À Rome, on pourra se rendre compte de l’importance de l’éducation publique en visitant dans le Forum romain les ruines de l’école de Quinitilien, premier professeur rémunéré par l’État romain.

Les garçons des familles aisées apprenaient à lire, écrire et compter avec un ludi magister, puis étudiaient la grammaire, la rhétorique et la philosophie pour se préparer à la vie publique. Les filles, en revanche, recevaient une éducation plus domestique, centrée sur la gestion du foyer et les valeurs morales. Néanmoins, certaines femmes cultivées, comme Cornélie, mère des Gracques, furent admirées pour leur savoir.

Rites de passage et symboles

À Rome, l’enfant est intégré progressivement à la communauté civique. Le dies lustricus, célébré au 8ᵉ jour pour les filles et au 9ᵉ pour les garçons, marque l’attribution du prénom et la protection divine.
Vers 14-16 ans, le garçon abandonne la bulla (amulette de protection) pour revêtir la toga virilis lors d’une cérémonie appelée Liberalia, symbole de son passage à l’âge adulte et de sa reconnaissance comme citoyen.

C’est au temple de Jupiter Capitolin à Rome que les jeunes citoyens accomplissaient un sacrifice après la cérémonie de la toga virilis.

Une vie bien fragile

La mortalité infantile était très élevée dans la Rome antique ; il était fréquent de perdre un enfant, ce qui ne banalisait pas pour autant l’attachement et la considération témoignées pour cette vie humaine. En témoignent les nombreux monuments funéraires ou sarcophages décorés que les familles aisées faisaient sculpter pour de petits enfants défunts.
Les inscriptions funéraires sur ce type de pièces révèlent une tendresse et une douleur sincères (« Dulcissima filia », « ma très douce fille », etc.). On peut aussi penser aux nombreuses tombes d’enfants chrétiens, décorées de symboles d’espérance (agneau, colombe, pasteur) dans les Catacombes de Domitille ou de Priscille.

Ainsi, dans l’Antiquité romaine, l’enfant était perçu à la fois comme un être à protéger et à former, mais toujours soumis à l’autorité du père et aux nécessités de la cité. Sa valeur dépendait de sa capacité future à servir la famille et Rome.

Du forum au Capitole, des musées du Vatican aux catacombes, des évocations discrètes, mais bien présentes, de l’enfance nous révèlent la cité éternelle sous un angle plus intime, celui de la vie quotidienne, des apprentissages et des émotions familiales.

L’enfant de la Rome chrétienne

La christianisation progressive du monde Romain vers le IVe siècle apporte une toute nouvelle vision de l’enfance : l’enfant étant créé à l’image de Dieu, il naît l’idée que toute vie humaine est inestimable et mérite d’exister. La personne de Jésus lui-même dans les Evangiles accorde aux enfants une place bien particulière, faisant de leur pureté un modèle pour tout chrétien : le « Royaume de Dieu est à eux ». Le baptême lui-même est un acte fondateur de l’entrée de l’enfant dans la communauté chrétienne, et entérine totalement son statut de personne humaine.

Cette vision de l’enfant, qui lui confère une véritable valeur intrinsèque, indépendante de son utilité sociale, bouleverse son statut juridique dans le droit romain. Ainsi, sous l’influence du Christianisme, les empereurs introduisent des réformes fondamentales : le père perd progressivement son droit de vie ou de mort sur l’enfant, Constantin interdit l’exposition des nouveau-nés, et des structures d’accueil se développent pour accueillir les enfants abandonnés. Sous Justinien, le droit romain reconnaît davantage la protection juridique des mineurs et des orphelins, notamment en matière d’héritage et de tutelle.

Avec l’avènement du christianisme à Rome, la dignité juridique et humaine de l’enfant est née.