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Turquie : trois manières d’être pèlerin

De Saint Paul aux grands conciles

Turquie

Turquie : trois manières d’être pèlerin

La Turquie résonne comme une terre des premières fois. Premières communautés d’Asie mineure fondées par saint Paul, premier laboratoire de la pensée des croyants, premiers conciles façonnant l’intelligence de la foi, premiers grands témoins de cette Église naissante. Le pèlerinage en Turquie est l’occasion d’une plongée aux sources de la foi, à l’écoute de ces toutes premières voix qui viennent interroger notre manière de croire aujourd’hui.

Être pèlerin en Turquie est une aventure passionnante qui peut se vivre de bien des manières. Nous vous proposons ici trois angles possibles pour aborder cette terre de pèlerinage : un itinéraire autour de la figure de saint Paul, un spi-trek sur la trace des pères cappadociens et un pèlerinage à la découverte des conciles fondateurs de la foi chrétienne.

 

1/ Pèlerinage sur les pas de saint Paul

Saint Paul est le tout premier écrivain du Nouveau Testament, avec la première épitre aux Thessaloniciens qu’il rédige en 51. Cette lettre précède même les évangiles qui seront écrit au moins quinze années plus tard. Ce qui pousse Paul à prendre la plume, ce n’est pas la nécessité de relater des faits, mais celle, impérieuse, d’encourager les communautés qu’il a fondées et de les soutenir dans leur vie de foi, de prière, de charité, de soin mutuel. C’est un temps où l’Évangile n’est pas encore écrit, mais déjà vécu. L’Évangile était relation vivante au Christ, une théologie construite sur la réalité de vie des premiers chrétiens qui précèdent et prolongent la tradition. C’est dire combien l’itinéraire de Paul en Turquie peut éclairer la foi d’aujourd’hui : une foi exigeante qui s’incarne et se vit au quotidien. Cet itinéraire, le pèlerin est invité à l’emprunter lui-même, et à s’arrêter dans les villes où Paul a séjourné :

  • Konia, l’ancienne Iconium, et Antioche de Pisidie, où Paul et Barnabé se sont installés pour prêcher. Ils remportent un succès considérable, provoquant méfiance et hostilité, jusqu’à devenir une véritable persécution. Les disciples secouent la poussière de leurs sandales et quittent la ville.
  • Colosse, communauté fondée par l’un des compagnons de Paul, à laquelle il écrit la Lettre aux Colossiens.
  • Ephèse, ville païenne par excellence où se trouvait le grand temple d’Artémis, Paul effectue un long séjour de trois ans. Il fonde une communauté chrétienne et enseigne à la synagogue et dans l’école de Tyrannos. Son ministère a un tel succès que le culte païen s’affaiblit. Une émeute, notamment provoquée par les orfèvres de la ville, conduit Paul à trouver refuge ailleurs et à reprendre la route.

Suivre les pas de saint Paul, c’est aussi constater les fruits de son œuvre à travers la vitalité incroyable des premières églises de la Cappadoce, les grands monastères creusés dans la roche, ou les cités souterraines construites par les chrétiens pour se protéger des persécutions. Chemin faisant, on traverse les paysages spectaculaires qu’offrent la vallée de Göreme, ou encore le site de Pamukkale et ses cascades cotonneuses.

 

2/ Spi-trek® sur la trace des pères cappadociens

Contemporains, nés dans les mêmes années à la fin du IVe siècle à Césarée de Cappadoce, Basile de Césarée, Grégoire de Naziance et Grégoire de Nysse sont trois jeunes hommes issus de grandes familles notables, qui ont été formés dans les meilleures universités du monde gréco-romain. Profondément religieux, ils se sont illustrés à la fois par l’exemplarité de leur vie monastique, et par l’intensité de leur action, qui s’est déployée dans tous les domaines, à la fois intellectuel, social et politique.

Prenant la suite des apôtres du Christ, ils œuvrent à la structuration de la foi chrétienne : ils précisent le credo et structurent les grandes vérités de la foi, constituant ainsi une armature pour contrer persécuteurs et dissidents.

Par leurs écrits (une centaine de discours, près d’un millier de lettres), ils nous ont laissé un témoignage précieux sur la vie de l’Église à cette époque. Ils nous décrivent un monde enclin aux jeux, aux paris, aux excès et à la persécution, négligeant le pauvre. Ils ne sont pas tendres avec les premiers chrétiens eux-mêmes, que la célébration de la messe ennuie au plus haut point!

Sous le règne de Théodose, les pères cappadociens prennent le contre-pied de cette tiédeur ambiante, et érigent la vie monastique comme nouveau modèle de vie. En ces tout premiers temps de l’Église, la vocation monastique ne signifie pas une coupure avec la famille, mais plutôt l’adoption par tout le groupe familial d’un nouveau mode de vie, animé par le travail, l’hospitalité pour les pauvres et la prière. Les églises rupestres qui peuplent la Cappadoce sont le témoignage touchant de cette vitalité incroyable de l’Eglise et de l’enracinement chrétien dans cette région.

Pour se placer pleinement dans les pas de ces trois évêques, quoi de mieux que de prendre le temps de contempler les paysages spectaculaires de la Cappadoce en les traversant… à pied ?

Pourquoi un spi-trek® en Turquie ? 

  • La marche quotidienne, vecteur de méditation, de prière et d’échanges profonds et constructifs.
  • Un soutien logistique pour partir léger : les bagages sont acheminés d’un hébergement à l’autre, et les repas sont compris.
  • Un niveau adapté à tous les âges : de difficulté facile à moyenne, les marches sont adaptées à tous types de marcheurs, sous condition d’une bonne forme physique.
  • Et bien-sûr, nos spi-treks sont conçus 100% sur mesure.

 

3/ Itinéraire à la mémoire des grands conciles

La Turquie est une terre de passage entre le Moyen-Orient et la partie occidentale du monde gréco-romain. L’Empereur Constantin y établit la capitale du monde romain : cette région devient ainsi naturellement le centre de gravité du monde chrétien, en accueillant les grands conciles œcuméniques.

Les quatre premiers conciles œcuméniques de l’Église chrétienne occupent une place prépondérante dans l’histoire du christianisme. Tenus entre le IVe et le Ve siècle, ces conciles ont été convoqués pour résoudre des disputes doctrinales majeures et établir des bases théologiques solides pour la foi chrétienne.

  • Le premier concile s’est tenu à Nicée en 325. 250 évêques venus des confins de l’Orient et de la Méditerranée se sont réunis dans la vaste église au centre du palais impérial, sous l’impulsion de Constantin, qui n’est alors pas encore baptisé. L’objet du concile est de condamner l’arianisme, une hérésie qui remettait en question la divinité du Christ, et de mettre au point la consubstantialité du père et du fils, « de même nature ».
  • Le concile de Constantinople en 381 s’est tenu dans un contexte d’hérésies : l’arianisme n’est pas encore vaincu et d’autres mouvements agitent l’Église. Le concile élargit les définitions doctrinales concernant la Trinité et le Saint-Esprit.
  • Le concile d’Éphèse en 431 s’est focalisé sur la nature du Christ et la vénération de la Vierge Marie, dont certains évêques refusent de reconnaître la maternité divine. Il se déroule dans un contexte troublé, mais parvient à aboutir à la notion de « Mère de Dieu ».
  • Le concile de Chalcédoine en 451 prend le contre-pied de l’hérésie d’Eutychès, qui ne reconnaît pas la nature humaine de Dieu. Il précise la doctrine des deux natures du Christ.

Pourquoi pérégriner sur les lieux des Conciles ? 

L’exploration des conciles, sur les lieux mêmes où se sont réunis les évêques de tout le monde chrétien, permet de comprendre la difficulté de la formation d’un Credo. C’est aussi la démonstration que « faire Église » nécessite une communion intellectuelle et fraternelle qui ne se fait pas sans tensions, ce qui est vrai hier comme aujourd’hui.