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La Cène de Léonard de Vinci

Art  Milan et les grands Lacs - Art & Histoire La Cène de Léonard de Vinci

La Cène représente le dernier repas de Jésus, le jeudi saint, entouré de ses douze apôtres (de gauche à droite, Bartolomé, Jacques le mineur, André, Judas, Pierre, Jean, Le Christ, Thomas, Jacques le majeur, Philippe, Matthieu, Thaddée, Simon). On considère que la peinture illustre doublement,  l’institution de l’Eucharistie et l’instant où le Christ dit « En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera »Mt26,15. L’attitude de chacun des disciples exprime clairement son bouleversement à ces paroles. Leur agitation isole Jésus qui semble serein au centre. Son geste, bras ouverts et paume tendue vers le pain préfigure l’eucharistie.

Léonard considère l’observation comme la clé de toute œuvre et peint « les mouvements de l’âme », « les figures de telle sorte que le spectateur lise facilement leurs pensées au travers de leurs mouvements ».

Certains apôtres sont clairement identifiés, Pierre reconnaissable à la dague qu’il porte dans la main et avec laquelle il coupera l’oreille de Malchus, Jean à la droite du Christ,  place du disciple préféré, reconnaissable à sa jeunesse, habillé des mêmes couleurs, Thomas, le doigt levé en référence à son incrédulité, (Evangile de jean) et Judas…

Contrairement à la tradition dans les diverses représentations de la Cène, sans doute à la demande des Dominicains qui avaient fait du libre arbitre un thème fondamental de leur prédication, Judas n’est pas mis à l’écart du groupe ni représenté de dos. Il est assis de profil, identifiable, en homme libre de choisir entre le bien et le mal et qui choisit le mal. . Dans un mouvement de recul, il touche la bourse contenant l’argent de sa trahison. La figure de Judas  donna lieu à de nombreuses spéculations sur l’identité du modèle et servit de trame au roman de Leo Perutz « Le Judas de Léonard ». D’ailleurs Léonard, pour justifier sa lenteur à achever la fresque,  prétendit ne pas trouver de modèle pour Judas et menaça le prieur, exaspéré à juste titre, de lui donner son visage.

 Léonard exploite le principe de la perspective centrale, géométrique. Un trou au niveau de la tempe droite du Christ correspond au point de fuite principal. Toutes les lignes de fuite ramènent au Christ afin de renforcer sa position centrale, non seulement par rapport aux apôtres mais aussi par rapport au décor. L’utilisation du trompe-l’œil prolonge le réfectoire, murs latéraux percés de portes, plafond à caissons, trois fenêtres au fond ouvrant sur un paysage lointain (Trois comme symbole de la Trinité).

Léonard n’est pas à son aise avec la technique de la fresque, qui oblige à peindre la partie préparée chaque jour en une seule fois sans repentir, et qui est à l’opposé de la technique du sfumato, qui implique de revenir de nombreuses fois sur son travail. Il ne fait pas d’esquisse et travaille souvent sans préparation mais ses critères d’exigence sont immenses (ce qui explique ses difficultés à terminer ses œuvres). Il a donc mis au point une technique personnelle qui lui permet de peindre quand il le veut et autorise les retouches. 20 ans après son achèvement, la peinture commence déjà à se dégrader et, depuis lors la fresque a connu de nombreuses restaurations, la dernière s’étant achevée en 1999.

Ingénieur, sculpteur, peintre, organisateur de fêtes somptueuses pour le duc de Milan, créateur d’automates, esprit universel brillant et surdoué, Léonard est un magicien pour ses contemporains et le mythe par excellence pour la postérité. Il est mort alors qu’il écrivait à sa table de travail. Ses derniers mots ont été « je continuerai ».

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