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Assise en Ombrie

Partir en pèlerinage découvrir St François

La spiritualité franciscaine : de l’Ombrie au monde

1. Une révolution évangélique née à Assise

Tout commence au cœur de l’Ombrie, au tournant du XIIIᵉ siècle. François d’Assise (1181/82–1226), fils de marchand, choisit la pauvreté radicale, l’itinérance, et une vie en totale fidélité à l’Évangile. Il ne fonde pas seulement un ordre : il propose un nouveau regard sur Dieu, sur l’homme, sur le monde. Joie simple, fraternité universelle, amour de la Création, paix intérieure – tels sont les piliers d’une spiritualité vivante et incarnée.

Autour de lui naît l’Ordre des Frères mineurs, structuré par la Règle de 1223, tandis que Claire d’Assise crée l’ordre féminin des Clarisses. Ensemble, ils incarnent une foi dépouillée mais ardente, tournée vers les plus pauvres.

2. L’Ombrie, berceau vivant de l’esprit franciscain

L’empreinte de François est partout en Ombrie. Assise devient centre spirituel et artistique : la Basilique Saint-François, commencée dès sa canonisation en 1228, attire des artistes majeurs. Giotto y peint sa célèbre série La Vie de saint François (vers 1295), première narration picturale moderne d’un destin spirituel.

Les lieux comme San Damiano, la Porziuncola ou l’ermitage des Carceri incarnent cette tension entre contemplation et action. On prie, on chante, on soigne, on marche : la foi se vit dans le concret. L’architecture franciscaine, sobre et fonctionnelle, refuse le faste et parle aux sens comme à l’âme.

3. Une expansion fulgurante

En moins d’une génération, le message franciscain franchit les Alpes. France, Espagne, Angleterre, Saint-Empire romain germanique : partout des fraternités s’installent. Leur mode de vie sans biens ni statut séduit. Trois branches se distinguent : Observants, Conventuels et, plus tard, Capucins.

À partir du XVIᵉ siècle, les franciscains accompagnent la colonisation. Ils fondent des missions en Amérique latine et en Asie, construisent écoles, hôpitaux, églises. Leur empreinte spirituelle s’enracine sur plusieurs continents. Leur théologie, portée par Bonaventure ou Duns Scot, influence durablement la pensée chrétienne.

4. Un héritage toujours vivant

Aujourd’hui encore, l’élan franciscain reste puissant. Il inspire des communautés religieuses, des mouvements laïcs, des engagements sociaux et écologiques. Le Cantique des créatures résonne comme un appel à une écologie spirituelle, que le pape François remet au cœur de l’Église avec Laudato Si’ (2015). Le choix même de son nom en 2013 inscrit son pontificat dans cette lignée : celle d’un christianisme humble, fraternel, proche des oubliés. Parti d’Assise, l’esprit de François continue d’irriguer le monde.

Pourquoi faire un pèlerinage en Ombrie dans les pas de saint François ?

Parce que l’Ombrie n’est pas seulement le berceau de la spiritualité franciscaine : elle en est la matrice vivante. Suivre les pas de saint François, c’est se reconnecter à une foi radicalement évangélique, incarnée dans les gestes les plus simples : marcher, écouter, servir, louer. C’est entrer dans une terre traversée par la parole, le silence, le don.

Dès les premières années de sa conversion, François sillonne l’Ombrie. Il prêche à Assise, Bevagna, Cannara, Gubbio, Spolète, Terni, Foligno, Narni. Lui et ses frères adoptent un mode de vie itinérant : ils marchent sans possessions, annoncent la paix, vivent de mendicité, soignent les lépreux, prient dans la nature. Ce réseau de missions locales ancre le mouvement dans les villes, les forêts, les grottes.

De cette dynamique naissent les ermitages franciscains, lieux de retraite, de silence et de prière, souvent dans des paysages escarpés, boisés, retirés :

  • Ermitage des Carceri, sur le mont Subasio (Assise) : grottes naturelles, silence absolu, lieu de méditation profond.
  • Speco di Narni, perché dans les gorges de la Nera : creusé à flanc de roche, il conserve la cellule de saint François.
  • Ermitage de Monteluco, au-dessus de Spolète : forêt sacrée, refuge de contemplation, lié à l’ascèse antique et chrétienne.
  • Ermitage de Greccio, dans le Latium frontalier : c’est là que François invente la crèche vivante à Noël 1223.
  • Ermitage de Sant’Urbano, près de Narni : lieu très ancien, lié aux premiers temps de la prédication franciscaine.
  • Ermitage de Poggio Bustone, dans la vallée de Rieti : François y trouve la paix après une période de trouble intérieur.
  • Ermitage de Fonte Colombo, aussi dans la vallée de Rieti : c’est là qu’il rédige la Règle de l’Ordre.
  • Ermitage de La Foresta, près de Rieti : petit vallon fertile, lieu de repos et de prédication.
  • Ermitage de La Verna en Toscane ombrienne :  Sanctuaire retiré au milieu des pins où François séjourna plusieurs fois et reçut les stigmates en 1224.

Chaque ermitage est une halte intérieure, un îlot de silence, un refuge pour l’âme en quête d’authenticité : grotte, chapelle, arbre, croix, source. Ils ne sont pas des lieux de spectacle, mais des espaces de dépouillement où l’on rejoint François dans sa prière nue.

À cela s’ajoutent les hauts lieux d’Assise :

  • La Basilique Saint-François, où l’art raconte la sainteté,
  • San Damiano, où l’appel du Christ le bouleverse,
  • La Porziuncola, minuscule chapelle devenue cœur battant de l’ordre.
  • La basilique Sainte-Claire, où sont conservés le crucifix de San Damiano qui, selon la tradition, invita François à réparer l’Église et la sépulture de sainte Claire.
  • La cathédrale Saint-Rufin, où François prêcha pour la première fois et où sont conservés les fonts baptismaux des baptêmes de sainte Claire et de saint François.

Qui est sainte Claire ? Quel est son lien avec saint François ?

Claire d’Assise : Une vocation née de la rencontre avec François

Claire d’Assise, issue d’une famille noble, est profondément marquée en 1212 par les prêches de François d’Assise. Séduite par son appel à une pauvreté radicale, elle quitte en secret sa famille pour rejoindre François et ses compagnons. Elle reçoit alors la bure, tunique de toile grossière, et fonde avec lui l’Ordre des Pauvres Dames, communément appelées les Clarisses, près de la chapelle de San Damiano. Claire devient abbesse, guidant cette communauté dédiée à une vie de pauvreté et de prière.

Une fidélité à l’idéal de pauvreté

Tout au long de sa vie, Claire reste inflexible face aux pressions qui tentent de faire accepter à sa communauté des possessions matérielles. Sa Règle, inspirée de celle de François, est approuvée par le pape Innocent IV peu avant sa mort en 1253. Sa canonisation intervient en 1255, suivie de la construction de la Basilique Sainte Claire à Assise. En 1958, Pie XII la proclame patronne de la télévision, soulignant ainsi son rayonnement durable.

Une relation complexe avec François d’Assise

La relation entre Claire et François est marquée par un certain déséquilibre. Claire admire profondément François, cite fréquemment ses écrits et défend fermement son attachement aux Frères mineurs. François, en revanche, bien qu’il respecte Claire, ne la mentionne jamais dans ses textes et la visite rarement, souvent seulement sous l’insistance de ses frères.

François, un leadership empreint de douceur

François incarne un mode de gouvernance atypique pour son époque, proche des valeurs évangéliques féminines. Il cherche à diriger sans dominer, se faisant « mère » pour ses frères, incarnant ainsi un modèle de leadership maternel et fraternel.

L’affirmation progressive de Sainte Claire

Inscrite dans le contexte des ordres religieux respectifs — les Frères mineurs pour François et les Sœurs pauvres pour Claire — leur relation, bien que silencieuse ou distante, est fondée sur une communion profonde dans l’amour du Christ pauvre. Avec le temps, la personnalité propre de Claire s’affirme, lui permettant de sortir de l’ombre de François et d’être reconnue comme une figure spirituelle à part entière.

Les villes et lieux d’Ombrie (hors ermitages) marqués par des événements de la vie de saint François

Assise

Lieu de naissance et d’origine de François, Assise est le cœur de sa vie et de sa mission. C’est là qu’il renonce à sa vie de jeune noble pour embrasser la pauvreté évangélique. La Basilique Saint-François, construite après sa mort, abrite ses reliques et témoigne de l’importance spirituelle de la ville. Plusieurs autres sites à Assise, comme la Basilique Sainte-Claire, la chapelle de San Damiano et l’église Santa Maria degli Angeli (qui abrite la Portioncule), sont essentiels pour comprendre son parcours.

Pérouse

Avant sa conversion, Pérouse fut une ville où François vécut et se comporta en jeune bourgeois guerrier. Il y fut fait prisonnier lors d’un conflit entre Assise et Pérouse, ce qui fut une étape clé vers sa transformation spirituelle. Ce séjour en captivité, qui dura environ un an, fut un moment de réflexion profonde avant son appel à la pauvreté. Plus tard, il y prêcha et c’est dans cette ville que se déroula son procès en canonisation.

Spolète

Ville importante au Moyen Âge, Spolète fut aussi une étape dans la jeunesse de François. Il participa à des campagnes militaires et fit l’expérience des tensions politiques locales. C’est à Spolète que François fit un songe qui l’incita à quitter la carrière militaire.

Gubbio

Après sa conversion, François trouva refuge à Gubbio, où il fut accueilli chaleureusement. C’est dans cette ville qu’a lieu l’épisode célèbre de la réconciliation avec le loup, symbole de paix et de maîtrise des forces hostiles. Gubbio devint un centre important pour la diffusion de son message de paix et de fraternité.

Bevagna

Petite cité médiévale, Bevagna est associée aux passages de François lors de ses missions en Ombrie. C’est à Bevagna, au lieu-dit Plan d’Arca, que s’est tenue, selon la tradition, la Prédication de François aux oiseaux.

Le lac Trasimène

François vint passer le carême de 1211 ou 1213 sur l’Isola Maggiore, alors inhabitée. Deux oratoires marquent les lieux de son débarquement sur l’île et  la grotte où il vécut son carême.

Arezzo

Cité de Toscane ombrienne au charme préservé d’où François chassa les démons qui y semaient la zizanie.

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